Les moules de la calçada portuguesa

Les moules de la calçada portuguesa

Les moules de la calçada portuguesa : un trésor bien gardé

C’est dans un entrepôt du quartier d’Alvalade que j’ai eu la chance de découvrir un trésor bien gardé : les moules de la calçada portuguesa, ces pavés que j’aime tant.

Car oui, les dessins qui ornent les places et les trottoirs de Lisbonne ont d’abord été exécutés à l’aide d’un moule, dont la très grande majorité est en bois.

porte d'entrée de l'entrepôt des moules de la calçada portuguesa
Entrée de l'entrepôt des moules de la calçada portuguesa

Comment réalise-t-on un motif en calçada portuguesa ?

Chaque œuvre obéit à un processus précis.

Il faut tout d’abord préparer la surface qui accueillera les pavés en nivelant la poussière de pierre qui servira d’assise. On y place ensuite le moule du dessin à exécuter, en le fixant afin qu’il reste parfaitement en place.

Commence alors la pose des pierres sur toute la surface autour du moule. Dans la plupart des cas, il s’agit de calcaire blanc.

Une fois cette première étape terminée, le moule est retiré. C’est dans l’espace vide laissé par celui-ci que le dessin en négatif est réalisé, à l’aide de calcaire noir.

Lorsque l’ensemble du motif est achevé, de la poussière de pierre est répandue à l’aide d’un grand balai afin de remplir tous les interstices entre les pierres. La chaussée est ensuite compactée, puis arrosée pour permettre à la poussière de bien pénétrer entre les pavés.

Près de 6 000 moules conservés à Lisbonne

étagères avec les moules classés par rues
Les moules classés par rues, ici ceux de l'avenue de la liberté

Dans cet entrepôt sont aujourd’hui conservés près de 6 000 moules, parmi lesquels environ 3 000 moules originaux. Les plus anciens remontent au XIXᵉ siècle.

Certains ont une telle valeur patrimoniale qu’ils ne sortiront désormais plus de l’entrepôt : lorsque leurs motifs doivent être reproduits, ce sont des copies qui sont utilisées.

C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai ainsi pu découvrir les moules de dessins que je croise régulièrement au gré de mes visites guidées et de mes promenades dans Lisbonne. Derrière des motifs devenus familiers se cachent donc ces objets de bois, témoins du travail de générations de calceteiros.

Préserver les moules... et le métier de calceteiro

Je tiens également à saluer le travail d’inventaire réalisé par les équipes de la Câmara Municipal de Lisboa. À l’avenir, cet entrepôt doit devenir un centre d’interprétation consacré à la calçada portuguesa et une base de données en ligne devrait permettre de découvrir cette collection.

Un pas supplémentaire vers la préservation de cet art fascinant et, espérons-le, vers la naissance de nouvelles vocations.

Car le nombre de calceteiros est aujourd’hui très réduit. La reconnaissance de cet art portugais passe donc aussi par celle des femmes et des hommes qui le font vivre et par la transmission de leur savoir-faire.

Des moules aux rues de Lisbonne

moule de la praça dos restauradores
pavés de la praça dos restauradores
papillon dans la calçada portuguesa

Si vous souhaitez en apprendre davantage sur la calçada portuguesa, venez la découvrir avec Le Murmure des Pavés au cours d’une visite guidée de Lisbonne.

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